REGIS BROUARD QUITTE RODEZ ET REJOINT LES CROCOS NIMOIS

Publié le par NiCeOn3-_`

 

LE RAF DOIT SE TROUVER UN NOUVEL ENTRAÎNEUR

L'information est devenue un secret de polichinelle, l'entraîneur ruthénois, Régis Brouard, prendra l'entraînement de Nîmes dans les semaines qui viennent. Le club aveyronnais perd un homme de talent. Il faut maintenant rebondir et ne pas manquer le virage qui se présente. En effet, les résultats à venir vont dépendre à 100 % de la façon dont ce challenge va être abordé et relevé.

La première des choses sera de trouver un remplaçant à Régis Brouard. Ce dernier a été en mesure de donner des pistes à ses dirigeants. Il est certain que le coach sur le départ ne veut pas laisser son bébé dans de mauvaises mains. Il souhaite que l'aventure qu'il a initiée continue sur de bonnes voies.

Les présidents Pilon et Gayrard vont donc entrer en scène et auront l'obligation de bien considérer le profil de leur future recrue. N'oublions pas que Régis Brouard était devenu la figure du club.

Ne l'a-t-on pas vu à l'affiche lors de la campagne d'abonnements pour la saison 2004-2005?

Cet élément pèse lourd dans la balance car il a fédéré un énorme élan de sympathie autour du RAF. Sur cet élan, des choses se sont faites, naissance du château de Vabre transformé en foot académie, projet de stages sportifs à Rodez pour des clubs de valeur, vision du RAF dans les années à venir en établissant un plan de travail avec les éducateurs de l'association. En fait, Régis Brouard, par sa culture sportive, a ouvert l'horizon, démontrant que Rodez possède un potentiel sportif. Il y a ajouté la manière en obtenant l'adhésion d'un groupe de joueurs capables de jouer deux montées, deux années de suite.

Aussi, les présidents doivent trouver l'homme capable d'en faire autant. Un entraîneur venant à Rodez pour entraîner une équipe fanion ne serait pas la bonne formule. Il aurait contre lui l'élément de comparaison, Régis Brouard, lui faisant une ombre fatale.

C'est pourquoi la tâche des présidents Pilon et Gayrard sera de réussir leur match qui sera lourd de sens pour les années à venir. En effet, soit le RAF continue sur la lancée initiée par Régis Brouard, soit il se trouve freiné par une poignée d'éléments comme l'absence de nouveaux projets à venir. La force de Régis Brouard, et du RAF, a été cette capacité à imaginer, innover, créer. Dans ce tourbillon, le club a grandi, mûri et les enfants viennent avec fierté à Paul-Lignon comme tant d'autres vont au stade Vélodrome ou au Parc des Princes. Les complexes se sont envolés. Le RAF en profite et cette dynamique positive a permis aux joueurs d'évoluer sur une vague de sympathie.

 

QUEL NIVEAU DE JEU?

Néanmoins, l'interrogation du niveau de jeu à venir est le second problème qui se présente au RAF. CFA ou national?

En effet, la montée directe en national a été perdue samedi après ce nul de 1 à 1, contre Fréjus. Toulon a battu Saint-Priest et monte à l'échelon au dessus.

Par contre, il reste l'espoir bien réel d'une accession sur tapis vert dans la mesure où de nombreux clubs de national sont dans le rouge financièrement. Les futures décisions de la commission de contrôle et de gestion de la Fédération française de football peuvent conduire le RAF à être repêché.Néanmoins, il va falloir attendre et patienter. Seulement, le temps en matière de football vaut de l'argent. Les joueurs du RAF vont être reçus par leurs dirigeants cette semaine. Certains resteront, d'autres partiront. L'entraîneur à venir devra trouver un effectif mais pour quel championnat ?

Car la grande question devient financière. Le budget de CFA n'est pas le même que celui du national où les joueurs doivent s'entraîner de manière professionnelle, les déplacements se font à l'échelle nationale. Les basketteurs ruthénois, qui ont vécu plusieurs saisons à ce niveau, ont beaucoup de choses à raconter à ce sujet en matière de fatigue et de récupération...

Aussi, monter signifie le faire dans de bonnes conditions pour éviter de galérer. Régis Brouard a donné des indications par sa passion, sa flamme, son envie. Il faudra continuer à y croire, se montrer ambitieux. Il rêvait de conduire le RAF en ligue 2. Les présidents Pilon et Gayrard doivent se donner ce challenge pour continuer à surfer vers l'avenir. En football, le doute, les interrogations, les calculs sont les pires des ennemis. La folie, la flamme, les défis énormes, gérés par des hommes du milieu, sont les outils pour aller jusqu'au bout de grandes performances.

 

REGIS BROUARD : LE PASSIONNE

« J'ai beaucoup appris depuis deux ans », se plaît-il à rappeler, évoquant deux saisons riches à Rodez. Dans cet apprentissage, Régis Brouard ne parle pas que de football. Il évoque son contact avec les hommes de décisions, les dirigeants, les élus, les acteurs du monde économique. Il a compris que sa flamme était une valeur appréciée ; que ses idées, la façon de les développer, servaient de moteur pour avancer.

Par contre, il a retenu que pour progresser, il fallait parfois patienter. Lui, habitué à foncer sur un terrain, la seule manière pour gagner, il a dû apprendre à se tempérer.

Aussi, ses deux années à Rodez auront été son université de l'entraînement. Passé de l'autre côté du miroir, après sa carrière de joueur, il a senti qu'il développerait dans sa tenue d'entraîneur-manager un rôle lui collant encore plus à la peau qu'un maillot de footballeur.

Régis Brouard est naturellement un leader. « Sur un terrain, j'aimais conduire une équipe, prendre des responsabilités, me pousser dans des challenges difficiles ». À Rodez, Régis Brouard a vite chassé la facilité de son chemin. Il aurait pu entraîner, ne faire que ça pour devenir un fonctionnaire du banc de touche. Le club se relevait d'une saison de CFA 2 manquée. Le maintien était à l'ordre du jour. On ne lui demandait pas d'exploits, juste du raisonnable. Mais dans le raisonnable, l'homme Brouard est coincé, il s'ennuie. Sur une pelouse, à ses débuts, on se souvient de lui comme d'un être révolté, angoissé, parfois mangé par ses démons. Il a su les maîtriser, les calmer bien que parfois ils se réveillent quand la passion déborde du vase de sa raison. Il explose, lâche des mots qui font mal et qu'il regrettera.

 

DÉCHIRURES

Le comprendre peut devenir difficile sans décodeur de sa personnalité. Des conflits peuvent apparaître face à des hommes qui n'aiment pas le conflit ou ont l'habitude de les remporter. Régis Brouard est un ensemble d'éléments qui s'unissent dans une affectivité débordante.

Partir vers Nîmes c'est retrouver ses enfants. Il en a besoin. Personne ne peut l'en blâmer. Il doit relever ce match de les amener à l'âge adulte. C'est une partie discrète mais qui le taraude. Il sent que le temps passe, qu'il se doit d'être là. Quitter Rodez, tout ce qu'il y a entrepris, fabriqué, lui crève le cœur.

Comment pourrait-il en être autrement?

« Je ne sais plus où j'habite depuis plusieurs jours… »

Entre la raison d'un père, le challenge sportif nîmois, l'orgueil de construire à Rodez un grand club de football, les déchirures sont énormes. Elles vont continuer à former l'homme Brouard. Comme l'analyse avec justesse un professionnel du football. « Il est des offres qui ne se refusent pas quand on a 38 ans et que l'on débute une carrière d'entraîneur… »

Stéphane HUREL.

© LA DÉPÊCHE DU MIDI, LUNDI 30 MAI 2005

Publié dans CLUB

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